09/08/2012

Sensibilisation : le typosquatting et le cybersquatting


Nous allons évoquer dans ce billet le typosquatting et le cybersquatting, deux techniques qui peuvent être utilisées pour tromper un internaute à des fins frauduleuses en manipulant les noms de domaine.

Rappel sur les noms de domaine

Tout ordinateur connecté à Internet possède une adresse dite « IP » (Internet Protocol) constituée d'une série de chiffres telle que 213.182.38.47. Cette adresse est utilisée pour joindre un autre équipement informatique sur Internet.

Le nommage Internet consiste à associer un nom tel que www.google.fr à une adresse IP : 173.194.67.94. Il est en effet plus simple pour un humain de retenir puis saisir un nom qu'une série de chiffres. Toutefois, votre navigateur va traduire le nom saisi en adresse IP. Pour cela, il utilise le service DNS (Domain Name Service). Ce dernier fait automatiquement l'association entre un nom et une adresse IP.

L'erreur étant humaine, il peut arriver qu'un internaute fasse une faute de frappe en entrant le nom d'un site dans son navigateur. Ainsi, il peut taper « www.soceitegenerale.fr » au lieu de « www.societegenerale.fr ».

Dans certains cas, cette erreur aboutit à l'affichage d'un message d'erreur informant l'internaute que le nom saisi n'existe pas. Dans d’autres, le nom mal orthographié existe et un site est chargé par le navigateur.

Deux techniques sont couramment utilisées pour exploiter les erreurs de frappe : le typosquatting et le cybersquatting.

Qu'est-ce que le typosquatting ?

Le typosquatting est une technique consistant à acheter un nom de domaine dont l'orthographe est très proche d'un domaine existant afin de profiter des fautes de frappe des internautes pour détourner le trafic destiné au site légitime vers un autre site.

On distingue 3 grandes catégories de typosquatting :

  • l'utilisation du nom du site « squatté » en l'écrivant différemment : www.societesgenerales.fr, www.societe--generale.fr... ;
  • l'utilisation d'une faute d'orthographe dans le nom : www.sossietegenerale.fr, www.societegennerale.fr... ;
  • l'exploitation des fautes de frappe prévisibles dans le nom : www.societegenerake.fr, www.soicetegenerale.fr...  

Qu'est-ce que le cybersquatting ?


 Le cybersquatting est une technique qui consiste à déposer un nom Internet correspondant à une marque déposée en lieu et place de son propriétaire. Cela s'apparente à une usurpation d'identité.

On peut distinguer plusieurs cas de figure.

Si le nom n'existe pas encore, le cybersquatteur peut le déposer avant que le propriétaire légitime de la marque ne le fasse. Très souvent, le cybersquatteur va tenter de prendre de vitesse le dépositaire d'un nom de domaine avec une certaine extension (« .com » par exemple) en achetant avant lui le nom de la marque avec une extension différente : « .fr », « .org », et ainsi de suite.

Ont ainsi été victimes de ce type de cybersquatting :

Quels sont les buts de ces deux techniques ?

Les buts de ces deux techniques sont multiples et ne sont pas tous illégaux.

Le détournement de trafic est une des principales motivations du typosquatting : le site de typosquatting présente alors une simple liste de liens publicitaires. Chaque « clic » d'un internaute sur un de ces liens rapporte quelques centimes au typosquatteur. Le typosquatteur parie sur le fait que quelques internautes cliqueront sur un lien. Quand le site typosquatté est très fréquenté, cela peut s'avérer payant à moindre coût et à moindres efforts.

Le typosquatteur peut aussi proposer des biens et services proches ou concurrents de ceux du site typosquatté, en espérant que les internautes arrivés sur son site par erreur y resteront et effectueront des transactions.
Cela représente cependant des risques pour le typosquatteur car son site peut être assimilé à de la contrefaçon ou de la concurrence déloyale.

De manière plus insidieuse, le typosquatteur tout comme le cybersquatteur peuvent espérer négocier le rachat de leur domaine par le propriétaire légitime d'une marque ou d'un site. En effet, il existe de grandes disparités juridiques entre les pays. Une procédure judiciaire visant, pour une entreprise victime de cybersquatting ou de
typosquatting, à récupérer par voie de justice un domaine usurpant une de ses marques, peut se révéler longue, couteuse, et, parfois, inefficace.

Les squatteurs espèrent alors que l'entreprise va privilégier un mauvais accord (c'est-à-dire que l'entreprise paiera très cher le rachat du domaine) à un procès. Cela peut s'apparenter à une « prise d'otage » numérique ou à du racket.

Mais le typosquatting et le cybersquatting peuvent aussi avoir des objectifs nettement plus frauduleux.

Un pirate peut ainsi typosquatter le nom ou la marque d'une banque, d'un site d'e-commerce ou d'un opérateur Internet, et héberger sous ce nom une copie du site original. En résumé, le pirate peut utiliser le
typosquatting et le cybersquatting pour des opérations de phishing, dans le but de rendre celui-ci plus crédible.

Beaucoup d'internautes ne vérifient malheureusement pas l'adresse d'un site de phishing. Quelques-uns, plus avertis que d'autres, prennent le temps de lire l’adresse Internet réelle vers laquelle le phishing renvoit.

Une adresse Internet (ou URL)  trop « exotique » (utilisation d'une adresse IP, d'un site d'hébergement de pages personnelles, etc.) éveillera la méfiance de l'internaute et réduira le taux d'efficacité de l'attaque. Mais si cette URL  est www.mabanquue.com au lieu de www.mabanque.com, une lecture trop peu attentive ne permettra pas à l'internaute de déceler le subterfuge. Le nom ressemblant à celui du site légitime, il sera plus enclin à entrer des informations sur la page de phishing.

Que faire face à ces deux techniques ?

Au-delà des conseils qui figurent dans notre billet intitulé « Sensibilisation : le "phishing" ou hameçonnage » et qui restent entièrement applicables, la vigilance reste la meilleure façon de déceler l’emploi de typosquatting ou de cybersquatting à des fins frauduleuses.

Lorsque vous saisissez une adresse Internet dans votre navigateur, nous vous conseillons de la relire pour vous assurer qu’elle ne comporte pas d’erreur avant de taper la touche Entrée.

Les sites que vous visitez fréquemment devraient faire partie de votre liste de favoris. Cette fonctionnalité, offerte par tous les navigateurs grand public, vous permet d’organiser ces sites par rubriques et d’y accéder à chaque fois que vous le désirez par simple clic. Veuillez consulter la documentation de votre navigateur pour savoir comment utiliser cette fonctionnalité.

Lorsque vous recevez un courriel qui vous demande de cliquer sur un lien Internet, assurez-vous que le corps et le sujet du message ne comportent pas d’erreurs d’orthographe ou de grammaire flagrantes. S’il vous semble correctement rédigé, positionnez le pointeur de votre souris sur le lien proposé afin de voir l’adresse vers laquelle il mène. Celle-ci peut avoir été subrepticement définie à des fins de typosquatting et de cybersquatting.


En cas de doute, ne répondez pas au courriel et ne cliquez pas sur les liens qui peuvent vous être proposés. Ne faites pas confiance aux adresses ou numéros de téléphone de contact proposés dans le corps du message. Rendez-vous directement sur le site dont se prétend le courriel afin d’obtenir l’adresse électronique ou le numéro de téléphone du support ou du conseiller qui saura vous indiquer si le courriel est légitime ou non. S’il s’agit d’un courriel relatif à Société Générale, nous disposons d’une page à cet effet.